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La salle capitulaire de l'Hôpital-Beaulieu
L'image du moisLes femmes à l'honneur
Comme chaque année, le 8 mars, nous célébrons la journée internationale des droits des femmes, en rappelant les actions passées et le travail encore à faire pour l'égalité femme/homme. L'occasion de faire un arrêt sur image sur la magnifique salle capitulaire de l'Hôpital-Beaulieu à Issendolus, lieu ayant accueilli des femmes puissantes et renommées.
Vue de la voûte de la salle capitulaire.
Des femmes dans l'ordre très masculin des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem
Cet hôpital, au mas de Pech Vilauzès, est fondé en 1238 par Gisbert de Thémines et sa femme Aigline de Castelnau. Donné aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1259, il est, avec celui de Fieux à Miers, l'un des deux seuls établissements féminins de l'ordre de l'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem. Il est nommé par la suite Hôpital-Beaulieu.
Les sœurs du couvent de Beaulieu obéissent comme les hommes à la règle de l'ordre de l'Hôpital. La salle capitulaire, installée sous l'une des ailes du cloître, est le lieu où était régie les affaires de l'établissement. Elle accueillait l'assemblée des sœurs, présidée par la prieure. Parmi les premières prieures qui ont siégé sous ces voûtes, on compte plusieurs femmes de la famille de Thémines, dont la fille des fondateurs, Douce de Thémines (décédée en 1259) et la petite-fille Aigline de Thémines (attestée en 1273). Enfin, comment parler de l'Hôpital-Beaulieu sans évoquer sainte Fleur, sœur de ce couvent, décédée en 1347 et élevée au rang de sainte dès 1360. Connue pour ses miracles avant et après sa mort, un pèlerinage autour de son tombeau se développe dès le 14e siècle.
Sa voûte gothique
La salle capitulaire datant de la seconde moitié du 13e siècle est divisée en deux vaisseaux dotés chacun de trois travées voûtées en ogives retombant au centre sur deux piliers polygonaux profilés de tores en amandes et ornées de chapiteaux feuillagés. Côté murs, les ogives et arcs formerets sont reçus par des colonnes adossées à chapiteaux feuillagés.
Parmi les clés de voûtes sculptés, figurait le blason des Castelnau accompagné d’une croix de Malte, en reconnaissance à Aigline de Castelnau, fondatrice du couvent. Cette clef de voûte fut déposée dans le cloître du couvent de Gramat.Accéder à la notice d'inventaire
Un renouveau aujourd'hui
L'Hôpital-Beaulieu résista à la guerre de Cent ans, aux guerres de Religion mais fut en grande partie détruit par les révolutionnaires en 1793, les dernières sœurs y sont alors chassées. Après deux siècles d'abandon, c’est grâce au dynamisme de l'Association Patrimoine Matériel et Immatériel de l’Hôpital-Beaulieu, Issendolus et Ste Fleur que la salle capitulaire est restaurée. Des études sont lancées dès 2019, et d'importants travaux de consolidation et de restauration sont réalisés avec l'aide du Département du Lot entre 2021 et 2025. A cette occasion, des investigations sont menées par la cellule archéologique du Département du Lot afin de mieux comprendre cet édifice exceptionnel. Les résultats seront prochainement détaillés par les archéologues eux-mêmes, le site Patrimoines.lot.fr n’hésitera pas à vous en faire part.