Patrimoine
Le château de Lacapelle-Marival
Construit par la famille des Cardaillac, le château de Lacapelle-Marival arbore un donjon tardif de la seconde moitié du 15e siècle, aux dimensions puissantes. Remanié pour accroître à la fois son confort et son symbole féodal (chemin de ronde sur mâchicoulis, échauguettes d'angle), cette tour est accompagnée d’un corps de logis plus spacieux commencé dès le 16e siècle et achevé au 17e siècle. Il conserve de nombreux décors peints : plafond à la française orné de médaillons, personnages à l'Antique et figures allégoriques.
Vue aérienne du château depuis le sud.
Portrtait du marquis Thomas Jean-Baptiste de Cardaillac, daté de 1662.
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Le fameux cri de guerre de la famille des Cardaillac résonne sur Lacapelle-Marival depuis le 13e siècle. En 1261, Bertrand III de Cardaillac, sénéchal du roi d'Angleterre pour le Limousin, le Périgord et le Quercy, est aussi mentionné seigneur de Bioule, de Lacapelle-Marival et autres places.
La baronnie est élevée au rang de marquisat en 1645 sous Henri-Victor de Cardaillac pour service rendu au roi par lui-même et son père François de Cardaillac. Cette branche de l’illustre famille des Cardaillac est seigneur de Lacapelle-Marival jusqu’au 18e siècle où elle est vendue à François Emmanuel de Loupiac de La Devèze.
La présence des Cardaillac reste encore ancrée dans le château rappelé par le monogramme "EH" d'Henri-Victor et de sa femme Elisabeth de Pluvinel, apposé sur le plafond à la française, ainsi que par l’installation des peintures représentant Thomas Jean-Baptiste de Cardaillac et son épouse Paule de Termes de Gondrin.
Vue de la tour maîtresse depuis le sud-est.
Un château du 15e siècle
Longtemps considérée comme un château médiéval du fait de l’arrivée des Cardaillac au 13e siècle, cette résidence seigneuriale est pourtant construite à partir de la seconde moitié du 15e siècle. L’aspect défensif lié à l’imposante tour maîtresse, appelée aussi « donjon », aux tourelles et mâchicoulis, semble reprendre les codes des châteaux forts médiévaux, pourtant ces éléments sont des signes ostentatoires de pouvoir.
Les études historiques et archéologiques menées ces dernières décennies ont permis dater précisément l’édifice. L’observation archéologique des élévations, fondations ou sous-sol du château ne révèlent aucune trace antérieure au 15e siècle. Les analyses des maçonneries, ouvertures et vestiges de décors peints convergent vers une première campagne de construction de la tour maîtresse dans les années 1460. Cette hypothèse est confirmée par dendrochronologie (étude des cernes du bois) d’après des prélèvements effectuées en 2024 sur des poutres et des solives de planchers des 3e et 4e niveaux de la tour maîtresse. Les résultats suggèrent que l’ensemble des bois provient d’un seul et unique abattage daté entre 1463 et 1480. De plus, la bibliographie rapporte qu’Astorg de Cardaillac passe un contrat en 1470 à des verriers pour la pose de vitres au château ce qui induit l’achèvement d’une partie de la tour.
Les décors peints de la tour maîtresse
Le décor peint de la salle du dernier niveau de la tour maîtresse est à l’état de fragments de peintures à motifs géométriques. Une partie de ce décor semble encore être sous badigeon. Son exécution a certainement été consécutive à sa construction, il est donc datable de la seconde moitié du 15e siècle.
Parmi ses vestiges, on reconnait notamment le motif de plis en serviette associé à une frise de losanges blancs et rouges et à une autre frise de petits quadrilobes. Les deux frises sont séparées par une mince bande unie jaune et encadrées par une bande de couleur rouge. La poutre centrale a également été décorée de motifs géométriques (triangles et quadrilobes) disposés en frise.
La seconde campagne de travaux au 17e siècle
La seconde phase de construction intervient au 17e siècle sous la direction de Henri-Victor de Cardaillac. Le décor de grisaille visible dans une des salles du corps de logis a donc certainement été réalisé suite à ces travaux, avant d'être dissimulé sous des lambris au 18e siècle.
La présence des initiales surmontée d'une couronne de marquis laisse penser que le décor du plafond a été réalisé à la demande d'Henri-Victor de Cardaillac, puisque c'est lui qui obtint de Louis XIV l'érection de la seigneurie de Lacapelle en marquisat en 1645.
Plafond à la française ornant la salle du 1er étage de la tour maîtresse.
Le plafond à la française
Le plafond de la salle du 1er étage du donjon présente un décor peint composé de bouquets de fleurs encadrant des médaillons qui renferment, pour la majorité, des paysages pittoresques et qui alternent avec des initiales, E et H, surmontées d'une couronne de marquis. Certains médaillons présentent des scènes pittoresques telles que l'attaque d'une tour par un animal ressemblant à un chien ou à un chat, un homme puis un bateau attaqué par un énorme poisson, une femme entourée de tortues ou de gros lézards. Ces scènes peu communes sont accompagnées de scènes plus ordinaires telles qu'un paysan semant son champ, deux scènes de chasse et une scène de duel, un bateau voguant sur une rivière.
Les grisailles du logis
Les peintures de la salle du 1er étage du corps de logis ont été peintes au trait noir sur un fond blanc-beige. Le décor est composé de grandes figurations de centurions romains sous forme de statues, de trophées et d'angelots accompagnés d'armes. On trouve également une représentation de Pégase accompagné d'un personnage non identifié, et de Léda.
La tour, depuis le nord-est, avant 1932.
Le château depuis la Révolution
Le château est conservé par les Cardaillac jusqu’en 1732 où il est vendu au maréchal de La Devèze. Par succession, la famille Dumontet prend possession de l’édifice. A la Révolution, le château est pillé et trois tours de l’enceinte sud sont arasées. Déclaré bien national le 28 avril 1800, le château est divisé en plusieurs parties et vendu à plusieurs propriétaires. La municipalité y installe ses locaux dans la tour.
Classé Monuments historiques depuis 1939, le château a bénéficié de plusieurs campagnes de restauration malgré la complexité des dossiers liés aux multiples propriétaires. Une partie avait été acquise en 1915 par l’abbé Martel pour y installer le presbytère. Propriétaire par testament, l’association diocésaine cède le presbytère à la mairie en 1971. Aujourd’hui, l’ensemble du château appartient à la municipalité qui a délégué sa valorisation à l’association Art et Patrimoine. Cette dernière fait vivre le château en proposant des expositions, conférences et naturellement des visites de cet imposant château.
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