Patrimoine naturel
Les paysages du Lot : le Limargue
Patrimoine naturelLe Limargue
Quittant le Causse, et avant d'aborder le Ségala, on traverse des paysages opulents où une architecture cossue se loge dans de hauts feuillages de chênes et de frênes. Il s'agit du Limargue, étroite bande bocagère et herbagère parcourue de ruisseaux descendus du Ségala et traversée au sud par le Célé et le Lot et au nord par la Dordogne. Dans les marnes et les argiles tendres de ce terroir, la rivière a déblayé une vallée ample ponctuée de buttes témoins, occupées par des forteresses médiévales telles Castelnau-Bretenoux, Saint-Laurent-les-Tours ou Taillefer.
Dans sa partie nord, la marge du Causse qui borde la partie du Limargue où coule la Dordogne et deux de ses affluents la Cère et la Bave, des situations de promontoires ou d’éperons ont été occupées dès l'Antiquité puis au Moyen Âge par des maisons fortes ou des bourgs tels Loubressac et Magnagues. Paraissant presque hors du temps, des sites de petits cirques et de reculées y abritent des paysages majeurs où les abords de villages - tels Autoire, Gintrac ou Saint-Médard-de-Presque - sont encore égayés par de rares vergers traditionnels de prunes 'Reine Claude Dorée de Carennac'.
Vers Gintrac.
Cirque d'Autoire.
En partie centrale, le Limargue se distingue par un chapelet de pertes* où les eaux des ruisseaux descendus du Ségala ou jaillissant localement disparaissent dans les profondeurs au contact des calcaires fractures des Causses.
* pertes : lorsqu'un cours d'eau disparaît sous terre, totalement ou partiellement, par infiltration ou via un gouffre.
Autour de Thégra et Alvignac, et plus ponctuellement jusqu'à Assier, un bocage remarquable aux allures de parc s'étend sur une succession de vallons et de collines aux prairies grasses. Plus au sud, la trame bocagère tend à se relacher parfois à l’extrême.
Couloir de circulation naturel situé entre les terres froides du Ségala et le "fromental" des causses, le Limargue fut très tôt un pays de négoce aux productions diversifiees (céréales, bovins, maraîchage, vergers...).
Le Limargue affiche aujourd'hui un patrimoine témoin d'une certaine abondance, allant des chateaux et manoirs de la Renaissance aux halles et boutiques de villages. L'architecture de tradition quercynoise se couvre de toitures à forte pente à deux ou quatre eaux. Les granges-étables arborent couramment de généreuses dimensions, s’ennoblissant parfois d'un petit pigeonnier en pignon ou d'une toiture à la Mansart. Dans le secteur de Bretenoux et Saint-Céré, ce type de toiture savante flatte nombre de maisons, granges et grangettes.
Près de Saint-Médard-de-Presque.
Près d'Aynac.