Patrimoines
La restauration de l'église Saint-Pierre d'Autoire
L’église Saint-Pierre d’Autoire se refait une beauté ! Depuis l’automne 2025, des travaux de restauration ont commencés. Ils doivent s’interrompre au mois de mai, puis reprendre après la saison touristique. L’objectif : restaurer l’ensemble des toitures pour mettre hors d’eau cet édifice exceptionnel, et profiter de la mise en place échafaudages pour reprendre les murs extérieurs.
Clocher avant restauration.
Charpente du clocher découverte.
La restauration a commencé en octobre 2025 par une opération spectaculaire : la dépose de toutes les lauzes de schiste qui composaient la couverture du clocher. Ces lourdes dalles de pierre plates recouvraient une charpente à bout de souffle qu’il fallait impérativement reprendre. Visiblement brûlée, elle aurait sans doute pris la foudre. Certaines pièces de charpentes manquaient à l’appel, ce qui est certainement le résultat de très anciennes restauration mal réalisées. Très soumise aux intempéries et aux vents qui frappent le clocher, cette charpente déjà fragile a été déstabilisée provoquant par endroit un défaut d’assemblage et même une fissure dans les maçonneries, qui a été comblée.
Charpente en mauvais état.
Charpente avec trace de brûlure liée à la foudre.
En plus de la restauration de la charpente, la couverture en lauze de schiste était très vieillissante et a dû être intégralement reprise.
Le travail des lauziers consiste à déposer la couverture et vérifier, une par une, l'état des lauzes et les retailler si besoin. Les lauzes étant toujours posées de la plus grande (en bas) à la plus petite (en haut), elles sont triées par taille afin de faciliter la repose. Les lauzes non conformes sont remplacées par de nouvelles provenant du nord de l'Aveyron, très semblables à celles du Lot.
Lauzes de schiste triées par taille.
Le saviez-vous ?
Dans le Lot, la lauze de schiste se retrouve notamment dans le Ségala et le Figeacois. Ces pierres proviennent carrières de schiste, ou elles sont débitées en plaquettes. Elles étaient autrefois fixées avec des chevilles, mais sont aujourd’hui fixées à l’aide de clous. On reconnait les lauzes anciennes à leur grand trou, adapté pour une cheville en bois et réalisé sans perceuse électrique.
Lauzes anciennes de récupération, avec un trou pour cheville.
Pour venir parfaire la restauration du clocher, les abat-sons ainsi que l’horloge ont également été restaurés. La première phase de chantier se termine d’ailleurs le 13 mai avec la réinstallation du cadran de l’horloge.
Couverture du clocher après restauration.
Clocher après restauration, avant remise en place du cadran de l'horloge.
Mais ce projet, porté par la commune depuis 2023 avec l’accompagnement de l’architecte du patrimoine Caroline Lafon, est loin d’être terminé : si les couvertures de la chapelle, de la sacristie et du faux-transept ont déjà pu être restaurées, ce n’est pas le cas de la magnifique toiture en lauze calcaire du chevet, la couverture de la nef ou encore celle des tourelles. Il sera également question de reprendre les maçonneries extérieures, pour enlever les joints au ciment qui ont été ajoutés au 19e siècle et bloquent la respiration naturelle du bâtiment, créant ainsi des problèmes d’humidité à l’intérieur. Les travaux doivent donc reprendre après la saison touristique, c’est à dire en octobre 2026.
Couverture de la nef, des bas-cotés et des tourelles.
Couverture du chevet en lauze calcaire.